Au terme de neuf heures d’une garde à vue entamée à 8 h 30 sur convocation, des heures au cours desquelles il a été entendu à loisir par les enquêteurs de la police judiciaire de Bordeaux au sein du commissariat de Bayonne, Didier Borotra, maire de Biarritz, a été présenté hier soir au juge d’instruction en charge de l’affaire dite des PV biarrots. La magistrate a signifié à l’élu sa mise en examen en présence de son avocat, Me Bernard Etcheverry, du barreau de Bayonne. Didier Borotra a pu repartir chez lui sans entraves. Deux de ses adjoints, Michel Veunac et Michel Poueyts, l’attendaient, ainsi que des proches.
Point presse aujourd’hui
L’un des chefs retenus contre l’édile biarrot par le juge est le détournement de fonds et d’effets publics. Assaillie par les médias qui se sont emparés de cette affaire après sa révélation par « Sud Ouest » dans son édition d’hier, la procureur de la République de Bayonne, Anne Kayanakis, devrait donner plus de détails lors d’un point presse prévu aujourd’hui en fin de matinée.
Hier soir, sans attendre, Didier Borotra a souhaité livrer une déclaration aux nombreux journalistes présents sur place, dès sa sortie du palais de justice, qu’on lui avait pourtant ménagée, par souci de discrétion, à l’arrière du bâtiment. Les traits tirés mais toujours sur la même ligne de défense, à savoir qu’il n’a jamais bafoué la loi, le maire s’est expliqué en quelques mots (1).
« Dans cette affaire, il y a une chaîne qui débute lors de la verbalisation et se termine lors du traitement ou de l’annulation éventuelle des PV. Y a-t-il eu des dysfonctionnements ? Il appartiendra aux autorités judiciaires de le dire, dans les semaines et les mois qui viennent. »
Le maire a expliqué qu’il avait accepté sa mise en examen afin de rentrer dans le fond du dossier et mieux préparer sa défense. « De nombreux chiffres ont été annoncés, qui sont faux ou exagérés, notamment que l’on aurait un taux d’annulation des PV à Biarritz dix fois supérieur à la moyenne nationale. » Didier Borotra prétend que 40 % des PV annulés concernent des justificatifs de paiement prouvés a posteriori, 10 % des handicapés ayant oublié d’afficher leurs cartes, 15 % des médecins ou infirmières en exercice, 5 % des professionnels du BTP en chantier. Enfin, 30 % seraient liés à « un manque de discernement de la police municipale ».
Depuis le début de cette affaire, le maire n’a en effet guère ménagé sa police municipale, dont le directeur est lui aussi mis en examen (2) depuis huit jours. Lors des auditions, l’élu aurait tenté de se défausser en grande partie sur Xavier Blaisot et ses services. Choqué depuis le départ par ces attaques, le syndicat national des policiers municipaux FO s’est déclaré hier satisfait du travail des enquêteurs et « espère que le maire, qui n’a cessé de donner des ordres illégaux et n’assume pas ses responsabilités, sera bientôt confondu ».
http://www.sudouest.fr/2013/12/11/affaire-des-pv-didier-borotra-mis-en-examen-1256170-2780.php
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