Le bilan a été établi aux urgences pédiatriques : des lésions écchymotiques et arciformes sur la face, des traces de doigts qui ont serré le visage, une fracture de l’humérus, une autre du vertex. L’expertise médicale est claire : il ne s’agit pas de blessures accidentelles. Un signalement a été fait aux services sociaux et aux enquêteurs.
- « Ça a été fait avant »
« Je contredis les faits », ne cesse-t-il de répéter, offusqué et tremblant à la barre. Papa est-il « méchant », jetait-il le bébé sur le lit comme l’a affirmé l’aînée des enfants, alors âgé de 5 ans ? « Pas du tout. C’est un enfant désiré, j’avais juste du mal à lui donner le bibi tellement elle avait une relation fusionnelle avec sa mère. Mais je l’aime. Elle m’adore. »
Il n’explique pas les marques. « Ça a été fait avant, chez la nounou, ce n’est pas possible autrement. » Pourtant, le médecin qui a examiné l’enfant assure que ce type de lésions apparaît tout de suite après les violences.
- On en revient toujours à lui
Pour le vice-procureur Sophie l’Angevin, « ce n’est pas la mise en cause habituelle d’un papa violent et dangereux, mais peut-être un moment d’énervement. Un instant de colère trop douloureux à avouer alors qu’il n’arrive pas à faire cesser les pleurs de sa fille. Soupçonné d’un geste violent, il n’en est pas moins un père ».
Reste qu’il s’est passé quelque chose ce jour-là, visible sur le visage du bébé. Les pistes extérieures ont été explorées et pour la magistrate, on en revient toujours au père, condamné à plusieurs reprises pour des infractions en rapport avec une consommation excessive d’alcool. Elle requiert deux ans de prison avec sursis et mise à l’épreuve et une obligation de soins.
Pour la défense, Me Myriam Sebban plaide la relaxe. « La décision du tribunal pèsera lourd dans la famille », avertit l’avocate qui refuse d’emboîter le pas au ministère public et de partir de l’hypothèse que le prévenu est colérique et boit trop. « De nombreux témoignages disent avant et après les faits quel père exemplaire il est. »
Après en avoir délibéré, le tribunal l’a reconnu coupable et condamné à un an de prison avec sursis.
http://www.sudouest.fr/2013/12/07/violences-sur-un-nourrisson-1251624-2780.php
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