mercredi 22 janvier 2014

Charente : un maire prêt à «armer» son village après une agression

Magnac-Lavalette-Villars est un petit village tranquille, à une vingtaine de kilomètres d'Angoulême (Charente). Depuis dimanche soir dernier, et l'agression très violente à son domicile de Lucien Senillout, un conseiller municipal de la commune, le village est en proie à une véritable psychose. Didier Jobit, le maire, a décidé de soumettre vendredi prochain à son conseil municipal des solutions d'auto-défense et de vigilance citoyenne.

«Je suis ancien pompier professionnel, j'ai sauvé des vies toutes ma vie. La question qui se pose aujourd'hui, c'est : est-ce qu'on fait face à une telle violence ?» explique Didier Jobit, joint au téléphone par leParisien.fr. L'édile s'inquiète de la réaction de ses concitoyens après cette agression. «Il y a toujours eu des vols sur la commune mais là on a franchi un échelon dans la violence. L'agresseur n'a pas hésité à tirer avec une carabine sur Lucien et à 2 cm près, il y passait. Je comprends que cela ait généré un énorme sentiment d'insécurité.»

Des bombes lacrymogènes pour les habitants ? 

Vendredi, le maire présentera à son conseil municipal un
de solutions et a invité Alain Thomas, maire de Dirac, une commune voisine, à venir présenter le bilan de sa politique de «vigilance citoyenne». Parmi les solutions proposées, l'achat groupé de bombes lacrymogènes pour les habitants de la commune, une possibilité qui suscite la polémique.

«Mardi soir, on a fait de la prévention avec les gendarmes en distribuant des tracts mais est-ce que c'est suffisant ? Proposer des bombes lacrymogènes, qui sont en vente libre, c'est mieux que de voir les fusils sortir des greniers comme je l'entends depuis 3 jours. Un
dans une maison, cela a des conséquences, c'est un risque, il peut y avoir un à la fin... Cela ne me fait pas plaisir d'entendre ça . Donc je propose des solutions» insiste le maire de Magnac.

Le préfet a déjà fait savoir de manière orale qu'il irait contre une décision «d'armer» le village. Didier Jobit lui ne craint pas pas d'aller jusqu'au tribunal administratif pour défendre le choix que fera son conseil municipal. «Je prendrais mes responsabilités, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que les gens vivent paisiblement. J'ai parfois l'impression d'être le vilain petit canard . Ce que je ressens, c'est un vrai sentiment d'injustice, celui d'être prisonnier de vouloir aider les autres» conclut-il. 


                   http://www.leparisien.fr/faits-divers/charente-un-maire-pret-a-armer-son-village-apres-une-agression-22-01-2014-3516521.php                              

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