Vers 14 h 15, un homme de 66 ans porteur d’une barbe blanche et d’un étui à guitare a semé la panique sitôt son entrée dans le hall. De l’étui, il a sorti un bidon d’essence de cinq litres qu’il a déversé sur sa tête, avant de prendre un briquet et de menacer de s’immoler.
Discours délirant
Une trentaine d’employés se trouvaient à l’intérieur du bâtiment. La direction les a fait sortir par une porte dérobée, laissant le sexagénaire seul dans les lieux. Pompiers et policiers l’ont retrouvé assis sur la dernière marche de l’escalier menant au seul étage, avec vue imprenable sur l’ensemble du hall. Très vite, ils ont compris que le retraité domicilié à Reims, mais qui aurait auparavant habité en région parisienne, était en proie à de graves troubles mentaux. Son discours était incohérent, ses revendications confuses, pour ne pas dire incompréhensibles.L’homme n’a aucun contentieux avec l’agence de Croix-Rouge (il n’y aurait même pas de dossier le concernant). Il se plaignait d’obscurs démêlés avec la justice, mais aussi de l’attitude de grandes formations musicales parisiennes, comme l’Opéra, accusé de jouer des compositions de son œuvre sans aucune autorisation ! Et d’en appeler à la Sacem pour que ses droits soient rétablis…
Pendant que la police négociait avec lui, le déséquilibré toujours installé en haut de l’escalier s’aspergeait de temps en temps avec son bidon qui contenait encore de l’essence. Il a exigé de « rencontrer le procureur ».
Interné d’office
Doléance acceptée ! Venu du palais de justice, le procureur-adjoint de la République de Reims a repris les discussions et finalement obtenu la reddition du détraqué, vers 16 h 30, deux heures après son irruption dans le hall d’accueil.Enveloppé d’une robe de chambre, l’homme a quitté le bâtiment sous bonne escorte, direction le commissariat où un expert psychiatre devait l’examiner.
La décision de l’interner d’office ne semblait guère faire l’ombre d’un doute.
Après avoir patienté tout ce temps à l’extérieur, sur le trottoir, le personnel a pu reprendre possession des lieux mais l’agence est restée fermée pour le reste de la journée. « Il faut aérer et nettoyer », explique son directeur. Le hall empestait d’autant plus l’essence que le déséquilibré en a déversée un peu partout.
http://www.lunion.presse.fr/accueil/un-desequilibre-menace-de-s-immoler-par-le-feu-ia0b0n284089
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