vendredi 8 mai 2015

Aire-sur-l'Adour : tentative de meurtre ou tentative d’extorsion ?

Drôle d'image que celle de ces trois avocates plaisantant à l'abri des regards sur les relaxes et la légitime défense qu'elles s'apprêtaient à plaider, mardi, au tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan. Le dossier était pourtant très sérieux. À l'origine, les deux coups de couteau partis en cette nuit du 9 au 10 décembre 2012, dans un appartement d'Aire-sur-l'Adour, avaient même motivé l'ouverture d'une information judiciaire pour tentative de meurtre.
L'affaire était faite de tant d'incertitudes qu'elle s'était entre-temps dégonflée au profit de poursuites pour tentatives d'extorsion, usage de cannabis et violences avec arme. Derrière cette requalification correctionnelle, une évidence : faute de preuves irréfutables, l'accusation de tentative de meurtre n'aurait eu aucune chance de tenir devant une cour d'assises.

Trois versions qui collent

L'évidence chasse toutefois un doute affreux. « Dans cette affaire nous avons comme souvent trois prévenus et trois versions différentes, explique le président de l'audience. Le problème, c'est que pour une fois chacune de ces versions est compatible avec les constatations matérielles des gendarmes. »
Sachant qu'il n'y avait aucun autre témoin direct, que la victime et potentiel coauteur de la tentative d'extorsion affichait 3,17 g/l d'alcool dans le sang, que l'auteur des coups de couteau avait également été blessé, et que le doute doit toujours profiter aux personnes inquiétées par la justice, les dés étaient normalement jetés.

L'extorsion privilégiée

À l'audience, aucun professionnel du droit ne semblait réellement en mesure de dresser le scénario de cette soirée conclue dans le sang. Pas plus d'ailleurs que les trois mis en cause, peu convaincants dans leurs restitutions. Les faits étaient flous, mais ils étaient trop graves pour que le ministère public bégaye dans ses réquisitions. Entre exercice d'équilibriste et application consciencieuse de la personnalité des peines, la voix du parquet montois n'a pas tremblé en estimant que l'auteur des coups de couteau qui accueillait chez lui deux compagnons de beuverie et de fumette faisait bien face à une tentative d'extorsion.
Contrairement à ce que soutenait son avocate, la réplique à l'arme blanche du père de famille de 44 ans, sans autre histoire que des problèmes d'alcool, n'avait pas été proportionnelle à la menace. Mais quinze mois de prison avec sursis suffiraient.
Pas aidés par leurs antécédents judiciaires, les deux autres prévenus de 29 et 37 ans devraient, selon elle, en passer par de l'enfermement ferme. Délibéré le 7 juillet.
http://www.sudouest.fr/2015/05/08/tentative-de-meurtre-ou-tentative-d-extorsion-1914666-3269.php

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