Les juges pourront-ils exploiter les conversations entre NicolasSarkozy, alias Paul Bismuth, et son avocat ? Si la cour d'appel de Paris répond ce jeudi par la négative, le dossier qui vaut une mise en examen pour corruption à l'ex-chef de l'Etat s'écroulera. Dans l'hypothèse où la procédure devait, au contraire, être validée, l'enquête, gelée depuis l'automne, reprendrait avec le risque persistant d'un infamant renvoi en correctionnelle pour celui qui apparaît désireux d'obtenir une revanche sur François Hollande en 2017.
Redevenu depuis chef de l'opposition, il est soupçonné d'avoir en 2014 sollicité le haut magistrat Gilbert Azibert par l'intermédiaire de son avocat Thierry Herzog "pour tenter d'influer sur une décision" de la Cour de Cassation le concernant dans l'affaire Bettencourt, résume une source proche de l'enquête. "Ou, à tout le moins, pour tenter d'obtenir des informations confidentielles", poursuit cette source.
En échange, NicolasSarkozy aurait promis d'intervenir pour que le magistrat obtienne un poste de prestige à Monaco. Au final, l'ex-président n'a pas obtenu gain de cause, ni Gilbert Azibert le poste convoité. Cette thèse des enquêteurs est "une insulte à (son) intelligence", s'était indigné NicolasSarkozy qui avait vu dans son placement en garde à vue en juillet 2014, mesure inédite pour un ex-président, une "volonté de (l')humilier publiquement".
Redevenu depuis chef de l'opposition, il est soupçonné d'avoir en 2014 sollicité le haut magistrat Gilbert Azibert par l'intermédiaire de son avocat Thierry Herzog "pour tenter d'influer sur une décision" de la Cour de Cassation le concernant dans l'affaire Bettencourt, résume une source proche de l'enquête. "Ou, à tout le moins, pour tenter d'obtenir des informations confidentielles", poursuit cette source.
En échange, NicolasSarkozy aurait promis d'intervenir pour que le magistrat obtienne un poste de prestige à Monaco. Au final, l'ex-président n'a pas obtenu gain de cause, ni Gilbert Azibert le poste convoité. Cette thèse des enquêteurs est "une insulte à (son) intelligence", s'était indigné NicolasSarkozy qui avait vu dans son placement en garde à vue en juillet 2014, mesure inédite pour un ex-président, une "volonté de (l')humilier publiquement".
"Je l'aiderai"
Le dossier se nourrit essentiellement de ses conversations avec Me Herzog. L'ex-président avait initialement été placé sur écoute dans l'enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle victorieuse de 2007. Ces échanges entre NicolasSarkozy et son avocat "ne suscitent pas d'interrogations quant à leur volonté et leurs attentes", estime une source proche de l'enquête.
Leur contenu paraît en effet gênant pour NicolasSarkozy. "Moi, je le fais monter!", dit-il ainsi le 5 février 2014 à Me Thierry Herzog à propos de Gilbert Azibert. "Je l'aiderai", insiste-t-il, s'exprimant depuis un portable fourni par son avocat et souscrit au nom d'emprunt de Paul Bismuth. Le 11, dans une conversation sur leurs portables non officiels, les deux hommes conviennent de se rappeler sur la ligne officielle de NicolasSarkozy, qu'ils savent surveillée. L'ex-chef de l'Etat ironise sur "ces messieurs qui nous écoutent".
"Bah, c'est sympa"
Le 23, alors que l'ex-chef de l'Etat doit se rendre dans la Principauté, Me Herzog lui rappelle, si l'opportunité se présente, "de dire un mot pour Gilbert". NicolasSarkozy acquiesce, dit qu'il fera "la démarche", ce qu'il confirme deux jours plus tard. Le lendemain, il renonce subitement. NicolasSarkozy y voit la démonstration qu'il n'a rien à se reprocher.
Pour les enquêteurs, ce revirement peut s'expliquer par le fait que les deux hommes viennent d'apprendre que leurs téléphones non officiels sont aussi sur écoute. Les juges disposent d'autresécoutes, comme celles de Gilbert Azibert qui se voit vertement reprocher par son épouse d'être "allé magouiller avec Sarkozy".
Une conversation entre Me Herzog et le magistrat est également troublante : le premier y explique au second que "la démarche à Monaco a été faite". "Oui, bah c'est sympa", répond Gilbert Azibert. Mais sans les conversations Herzog-Sarkozy, dont le parquet général avait requis la validation lors de l'audience en mars, le dossier se viderait de sa substance. Aussi NicolasSarkozy a-t-il dès sa garde à vue contesté "formellement la légalité des interceptions qui ne sont ni plus ni moins qu'un scandale" et donc refusé de répondre aux questions sur elles. "Si nous triomphons, il n'y aura plus de suite judiciaire", avait d'ailleurs dit après l'audience l'avocat de Gilbert Azibert, Me José Allegrini.
Le dossier se nourrit essentiellement de ses conversations avec Me Herzog. L'ex-président avait initialement été placé sur écoute dans l'enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle victorieuse de 2007. Ces échanges entre NicolasSarkozy et son avocat "ne suscitent pas d'interrogations quant à leur volonté et leurs attentes", estime une source proche de l'enquête.
Leur contenu paraît en effet gênant pour NicolasSarkozy. "Moi, je le fais monter!", dit-il ainsi le 5 février 2014 à Me Thierry Herzog à propos de Gilbert Azibert. "Je l'aiderai", insiste-t-il, s'exprimant depuis un portable fourni par son avocat et souscrit au nom d'emprunt de Paul Bismuth. Le 11, dans une conversation sur leurs portables non officiels, les deux hommes conviennent de se rappeler sur la ligne officielle de NicolasSarkozy, qu'ils savent surveillée. L'ex-chef de l'Etat ironise sur "ces messieurs qui nous écoutent".
"Bah, c'est sympa"
Le 23, alors que l'ex-chef de l'Etat doit se rendre dans la Principauté, Me Herzog lui rappelle, si l'opportunité se présente, "de dire un mot pour Gilbert". NicolasSarkozy acquiesce, dit qu'il fera "la démarche", ce qu'il confirme deux jours plus tard. Le lendemain, il renonce subitement. NicolasSarkozy y voit la démonstration qu'il n'a rien à se reprocher.
Pour les enquêteurs, ce revirement peut s'expliquer par le fait que les deux hommes viennent d'apprendre que leurs téléphones non officiels sont aussi sur écoute. Les juges disposent d'autresécoutes, comme celles de Gilbert Azibert qui se voit vertement reprocher par son épouse d'être "allé magouiller avec Sarkozy".
Une conversation entre Me Herzog et le magistrat est également troublante : le premier y explique au second que "la démarche à Monaco a été faite". "Oui, bah c'est sympa", répond Gilbert Azibert. Mais sans les conversations Herzog-Sarkozy, dont le parquet général avait requis la validation lors de l'audience en mars, le dossier se viderait de sa substance. Aussi NicolasSarkozy a-t-il dès sa garde à vue contesté "formellement la légalité des interceptions qui ne sont ni plus ni moins qu'un scandale" et donc refusé de répondre aux questions sur elles. "Si nous triomphons, il n'y aura plus de suite judiciaire", avait d'ailleurs dit après l'audience l'avocat de Gilbert Azibert, Me José Allegrini.
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