Dans la nuit de vendredi à samedi, 96 tombes ont été saccagées dans le cimetière de Boué. La commune a déposé plainte.
«POURQUOI ? » C'est l'interrogation qui revient, incessante, sur toutes les lèvres des Bouésiens, ce samedi matin. Pourquoi dans la nuit de vendredi à samedi, un ou plusieurs malfaiteurs s'en sont-ils pris à 96 des tombes du petit cimetière de la commune ? Aucune réponse pour l'instant, pour les nombreuses familles touchées, venues prendre connaissance de l'état de leur sépulture, hier après-midi. Le silence y est alors épais, les pleurs étouffés.
Car, si aucune tombe n'a été profanée, toutes ont été saccagées de façon ordonnée : les plaques sont brisées, les fleurs arrachées, les crucifix jetés à même le sol, pour les 96 premières tombes, à l'entrée du cimetière. Certaines allées ne sont plus accessibles, tant elles sont juchées de matériaux divers, de débris de verre, de marbre et de porcelaine, d'hommages et de souvenirs, que les « casseurs » ont piétinés.
Un bien triste spectacle que les gendarmes de la brigade du Nouvion-en-Thiérache découvrent en premier, aux côtés du premier adjoint de la commune, Joël Chimot. D'autres militaires sont aussitôt appelés en renfort, ceux de la communauté de brigades de La Capelle et ceux de la brigade de recherche de Vervins. Un technicien en identification criminelle laonnois se rend aussi sur place dans l'après-midi.
Dépôt de plainte
Il est 14 heures. Le cimetière est alors encore fermé pour permettre à une dizaine d'enquêteurs de travailler, de prélever les empreintes. D'autres gendarmes mènent au même moment une enquête de voisinage à Boué.
Plus tard, dans l'après-midi, le cimetière sera réouvert. Commence alors un ballet incessant de Bouésiens venus s'enquérir de l'état des tombes de leurs proches, d'une mère ou d'un père, parfois d'un enfant. Nombreuses sont les personnes âgées, qui perdent pied face à ce spectacle désolant.
Le maire et conseiller général, Thierry Thomas, est également sur les lieux. Il commente ainsi les faits : « On a eu affaire à des salopards, il n'y a pas d'autres mots. Tout ça n'a rien d'humain. On est dans l'horreur. Ça va choquer toute une population et pendant longtemps. C'est un geste gratuit, une grande folie ! »
Il précise que les conseillers municipaux seront présents aujourd'hui, sur les lieux, comme hier, pour accueillir la population et les informer de la marche à suivre. « La commune a porté plainte. Il faut que les familles en fassent de même, et dès que possible. »
Exceptionnellement, la gendarmerie du Nouvion-en-Thiérache sera ouverte aujourd'hui pour recevoir les plaintes ou tout témoin de faits malveillants survenus dans la rue de Bergues ou aux alentours du cimetière de Boué, dans la nuit de vendredi à samedi. « Il est également possible de composer le 17 ou de s'adresser à la mairie, y compris de façon anonyme », précisent les militaires.http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/96-tombes-saccagees-au-cimetiere
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