lundi 20 février 2012

Béarn : un nonagénaire tue son épouse avant de se suicider

C'est un drame de la vieillesse et de l'amour qui s'est joué dans la nuit de vendredi à samedi, dans un pavillon très coquet du lotissement Tooley, au 5 avenue du Béarn, à Bizanos. Les corps sans vie des propriétaires, un couple âgé de 90 et 91 ans, y ont été retrouvés dans la matinée. Il s'agissait de M. et Mme Pelliser.
Un voisin donne l'alerte

Un voisin, inquiet de voir les volets fermés, a donné l'alerte samedi matin.
D'après les constatations de la police, confirmées par l'examen d'un médecin légiste rapidement dépêché sur les lieux, Antoine Pelliser aurait donné la mort, par arme à feu, à son épouse pendant qu'elle dormait, avant de retourner sa vieille carabine contre lui et de se suicider.
Son corps gisait au pied du lit médicalisé de sa femme, très malade et qui ne pouvait plus se déplacer depuis quelques mois. Le vieillard n'a laissé aucun mot pour expliquer son geste. Le couple n'avait pas d'enfant et aucune famille en France.
« C'est terrible et surtout très triste, mais cela ne m'a pas étonné, témoigne le maire de Bizanos, André Arribes, qui connaissait bien les victimes. Ils s'aimaient profondément et étaient tellement proches qu'ils n'auraient pu vivre l'un sans l'autre. »
Très affecté par le déclin de son grand amour, Antoine Pelliser n'aurait pas supporté que sa femme parte avant lui et aurait décidé de lier leurs destins à jamais.
Réfugiés espagnols
Leur histoire démarre à la fin des années 1930, de l'autre côté des Pyrénées. Fuyant la guerre d'Espagne et quittant leur famille avec qui ils avaient conservé très peu de contact, les deux jeunes gens s'installent en France où ils obtiennent le statut de réfugiés.
D'abord du côté d'Argeles, dans les Pyrénées-Orientales. Puis en Béarn, à Bizanos, où ils font construire leur petite maison dans le courant des années 1970.
« C'était des gens adorables, très tranquilles, que l'on voyait souvent aux repas organisés pour nos aînés », relate le maire. Chaque année depuis son élection, André Arribes leur rendait visite. « Madame Pelliser appelait à la mairie et demandait à me voir. Elle aimait parler, avait besoin de se confier. Elle me racontait son histoire de réfugiée espagnole, me montrait ses vieilles photos et remerciait à chaque fois la France de l'avoir accueillie. ça me fait deuil de les savoir partis. Ils sont restés unis dans la vie comme dans la mort. »
http://www.sudouest.fr/2012/02/20/un-nonagenaire-tue-son-epouse-avant-de-se-suicider-637894-4046.php

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