jeudi 23 février 2012

Un an ferme contre l'un des assaillants du lycée

«Mamadou et les mecs, demain venez tous équipés pour cogner. » Difficile de faire plus explicite que ce texto, reçu et très vite transféré entre plusieurs copains de Mamadou, au soir du 9 mars 2009 dans le quartier des Dahlias de Gagny.

Il y a trois ans, Mamadou était élève au lycée Jean-Baptiste-Clément et le tribunal correctionnel vient de confirmer les lourds soupçons qui faisaient de lui l’un des meneurs de l’expédition punitive menée en milieu de matinée le 10 mars 2009 au lycée, contre des jeunes du quartier rival du Chénay.              Les
de Bobigny ont condamné ce jeune de bientôt 22 ans à un an de prison ferme. Deux autres garçons étaient jugés en même temps que lui, dont l’un a été relaxé faute des preuves irréfutables de sa participation, qu’il a toujours niée.

Le troisième a été sanctionné de douze mois de prison dont quatre ferme, une peine couverte par la détention provisoire qu’avait effectuée cet étudiant de près de 23 ans au « comportement plus rassurant aujourd’hui, comme s’il avait mûri », selon les propres mots du procureur. Pierre Giraud avait requis deux ans ferme contre Mamadou et des peines de dix-huit et vingt mois dont douze avec sursis contre les deux autres.

Ce matin du 10 mars 2009, peu avant la récré, une masse compacte de dix ou quinze jeunes
de barres de fer, de marteaux, de couteaux et même de burins avaient franchi les grilles et s’étaient rués vers la salle de permanence. Quelques minutes plus tard, les assaillants s’enfuyaient en laissant derrière eux un décor ravagé, plusieurs élèves blessés, des lycéens et des assistants d’éducation traumatisés.

S’il n’y eut finalement qu’une douzaine de blessés légers, la scène a créé le choc dans ce petit lycée de 500 élèves de Gagny et déclenché des réactions
en chaîne. Ministre de l’Education, ministre de l’Intérieur, élus régionaux et départementaux, puis le président Sarkozy lui-même ont fait de Gagny le berceau d’un « plan gouvernemental contre les bandes violentes ». Un arsenal de mesures destinées, selon le mot repris comme un leitmotiv hier encore pendant l’audience, à « sanctuariser » les établissements scolaires.

A l’époque, Emilie y était assistante d’éducation et surveillait la permanence. « C’était une salle très calme, a-t-elle raconté hier, et en une fraction de seconde on s’est retrouvé avec une salle hurlante, du mobilier qui valsait. Moi, c’est un élève qui m’a protégée en se mettant devant moi. Il a reçu une chaise à ma place… Ça n’a pas duré longtemps, mais on a l’impression d’une éternité, tout bascule. Je ne pensais pas qu’on pouvait voir ça dans une enceinte scolaire. » Physiquement indemne, mais traumatisée, Emilie a « quitté l’Education nationale ».

Face aux juges, les trois prévenus jugés hier n’en menaient pas large malgré l’arrogance affichée de Mamadou, qui s’est vite mis la cour à dos. Les trois garçons avaient aussi en tête la condamnation des sept autres adolescents mis en cause dans l’affaire, mineurs au moment des faits et tous déjà jugés et condamnés, certains à des peines de prison ferme. Eux trois étaient les seuls majeurs, rattrapés dans leur fuite dans le jardin d’un pavillon voisin ou identifiés plus tard en recoupant témoignages et bornages de téléphones.
http://www.leparisien.fr/bobigny-93000/un-an-ferme-contre-l-un-des-assaillants-du-lycee-23-02-2012-1873717.php

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