Une dizaine de chevaux, quatre chiens et une vache viennent d’être retirés
par les autorités à une trentenaire de la Somme qui vit seule et sans moyens
adéquats.
La grille est fermée d’un cadenas peint en rose flashy, couleur des piliers qui supportent la clôture de l’habitation. La couleur vive n’est que façade.
Derrière, la propriété présente des tons de misère. L’habitante des lieux est absente lors de notre visite hier dans ce village de l’ouest de la Somme, du côté d’Hornoy-le-Bourg.
Elle était bien là lorsque les représentants de la direction départementale de la protection des populations de la Somme, accompagnés des gendarmes d’Hornoy-le-Bourg, sont venus la semaine dernière, mardi 11 avril. Tous ses animaux lui ont été retirés : une dizaine de chevaux, quatre chiens et une vache.
Un signalement avait été fait sur les conditions de vie de ces animaux. Une procédure administrative avait été déclenchée. Et suite à une première visite des services vétérinaires et des gendarmes, une mise en demeure avait été adressée à la propriétaire.
« Elle devait se mettre en conformité avec la réglementation », indique-t-on à la préfecture de la Somme. Mais les jours ont passé, et rien n’a changé. Le procureur de la République d’Amiens a pris le relais, et ordonné, à titre conservatoire, que les animaux soient retirés.
L’association « 30 millions d’amis » a été mandatée par les services de l’État pour prendre en charge les animaux. Ou du moins, leur trouver un lieu d’hébergement. La semaine dernière, l’enquêteur de la fondation, Arnauld Lhomme, était donc sur les lieux au moment de l’opération. Et son constat est sévère. Il parle de « conditions déplorables ».
« Des ossements sont retrouvés - ceux d’un chien et d’autres, non identifiés. Plus loin, d’autres chiens dans un état de grande maigreur, constamment attachés. Quatre chevaux vivent enfermés. Des excréments et des détritus dangereux jonchent le sol. »
Selon l’association, « des bilans vétérinaires sont toujours en cours, notamment pour diagnostiquer des problèmes de peau dont souffriraient les équidés », sachant que deux juments pleines font également partie des animaux saisis. Deux des quatre chiens - un malinois, un berger belge, un griffon et un caniche - « présentent des troubles du comportement, voire de l’agressivité ».
Elle a tout tenté pour garder ses animaux
Dans le petit village, le fait que ces animaux soient retirés ne surprend pas. Reste que si un jour la propriétaire est poursuivie pour maltraitance en justice, on sait que cela n’est pas sa volonté. « Ça fait mal au cœur pour elle. On sait qu’elle adore ses animaux, mais elle ne se rend pas compte qu’elle n’était pas capable d’en avoir autant, pas les moyens. Elle s’est entêtée », explique cette villageoise.
Selon elle, des habitants jetaient de temps en temps de la nourriture aux animaux. Mais cela ne suffisait pas.
Du côté de l’association « 30 millions d’amis », on tient le même discours : « C’est une femme qui a été complètement dépassée. Nous sommes là face à une situation humaine et animale liée à de la détresse ».
Lorsque l’opération d’enlèvement a commencé, la propriétaire a essayé de faire partir ses protégés par l’arrière de l’habitation. Elle a tout tenté pour garder ses animaux avant de se résigner.
Les quatre chiens ont été confiés au refuge d’Oisemont, les chevaux amenés dans des pensions équines voisines, et la vache auprès de l’association Assistance aux Vieux Animaux en Seine-Maritime. La décision judiciaire n’étant qu’à titre conservatoire, les animaux appartiennent toujours à leur propriétaire à ce jour
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Les-animaux-arraches-a-la-misere
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