Les cinq personnes interpellées hier matin ont été relâchées quelques heures plus tard. Les enquêteurs ont jugé que les faits commis ce week-end ne pouvaient leur être imputés.
« Ces faits de violence urbaine, survenus dans la nuit de vendredi à samedi, sont d’une ampleur exceptionnelle », a rappelé hier après-midi la directrice départementale de la sécurité publique (DDSP), « pour une ville moyenne, et même pour une grande ville ». Selon Annie Brégal, la seconde vague d’incidents, la nuit suivante, est plus classique. Rappelons qu’environ 50 véhicules ont été partiellement détruits au total, dont une quarantaine samedi matin. Aucune revendication n’a été constatée.
Affaire « prioritaire »
Un renfort de quarante policiers est rapidement arrivé en ville. Son déploiement devait être maintenu jusqu’à ce matin. Hier, vers 8 heures, cinq personnes ont été interpellées rue Jean-Jacques-Rousseau après l’appel d’un riverain. Le petit groupe, selon des témoins, s’en serait pris au rétroviseur d’une voiture. Auditionnés dans la foulée pendant plusieurs heures, ces Châlonnais (quatre d’une même famille accompagnés de l’un de leurs amis) intéressaient particulièrement les enquêteurs. Leurs antécédents judiciaires concernant des dégradations de biens, notamment des véhicules, poussaient en effet les policiers à en savoir davantage sur leur emploi du temps au cours du week-end. Mais en début d’après-midi, les cinq suspects ont été remis en liberté. « On ne peut leur imputer les faits commis à Châlons », ont indiqué les responsables de l’enquête, tout en précisant que leurs investigations sur cette affaire demeuraient « prioritaires ».
Beaucoup d’interrogations
Ces cinq personnes auraient été arrêtées alors qu’elles retournaient à leur domicile après s’être rendues en discothèque.
Beaucoup d’interrogations demeurent en suspens autour de ces événements. L’absence complète de revendications, même sous forme de tag, le caractère très ciblé et rapide de l’opération, l’important décalage entre le moment des faits et l’heure à laquelle la police est prévenue (plus de deux heures)… Autant d’éléments que les responsables de l’enquête prennent en compte. Pour expliquer le faible nombre de témoignages, la DDSP avance que bon nombre de Châlonnais quittent la ville au cours du week-end de Pâques. Hier après-midi, de nouvelles plaintes étaient encore enregistrées, les propriétaires des voitures vandalisées n’ayant découvert les dégâts qu’à l’issue de leur séjour hors de l’agglomération.
Enfin, précisons qu’un petit nombre d’individus peut commettre d’importants dégâts. Ainsi, à Lamballe (en Bretagne), deux hommes âgés de 18 et 24 ans ont été interpellés par les gendarmes et ont reconnu avoir dégradé treize voitures dans la nuit du 31 mars au 1er avril. Rétroviseurs arrachés, tôleries enfoncées, vitres brisées : des actes très similaires à ceux de Châlons. Les dégradations commises dans la nuit de samedi à dimanche dans le chef-lieu de la Marne, moins lourdes et réparties plus largement dans la ville, semblent relever d’une autre logique. Mais ces événements sont d’une ampleur inégalée pour la commune.
http://www.lunion.presse.fr/article/marne/les-casseurs-de-voitures-couraient-toujours
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