dimanche 8 avril 2012

Paris : des mal logés occupent une clinique désaffectée

L'association Droit au (Dal) et le collectif Jeudi Noir ont «réquisitionné» dans la nuit de samedi à dimanche une clinique désaffectée au pied de la butte Montmartre, à (XVIIIe). «Notre but est de placer la question du logement au coeur de la campagne présidentielle», déclare Manuel Domergue de Jeudi Noir, assurant vouloir faire de cette clinique «le bâtiment emblématique de la fin de campagne».
«S'ils ne sont pas poussés aux fesses, ils ne vont pas spontanément parler de logement», regrette-t-il, en parlant des candidats. A la faveur de la nuit, 25 personnes, dont quatre familles et six enfants, ont investi la clinique Duhesme, occupant dimanche matin quelques-unes des 25 chambres de l'établissement. Certains sont en logement précaire, d'autres sont des foyers reconnus prioritaires Dalo (Droit au logement opposable).

«Le logement est salubre, à l'abandon depuis trois ans et il n'y a pas de projet pertinent, il est donc légitime qu'on l'occupe», dit Simon Cottin-Marx,
de Jeudi Noir. «Depuis qu'on a été expulsés de la rue Matignon, le 18 février 2011, on recherchait un endroit», raconte Manuel Domergue.

Les professionnels de l'immobilier dénoncent le silence des politiques

Entre décembre et février 2011, le collectif avait squatté un immeuble de bureaux vide proche de l'Elysée. Il avait ensuite tenté deux autres occupations, boulevard de la Madeleine (2e), puis rue de Chateaudun (9e), mais la police, prévenue très tôt, les avait immédiatement expulsés. Du coup, cette fois-ci, «on est en mode parano, on a pris un maximum de précautions», racontent-ils. Pas de mails, ni de nouvelles puces téléphoniques... tout a été réglé au millimètre. Jeudi, les professionnels de l'immobilier s'étaient déjà insurgés contre le silence des politiques. Les huit fédérations du secteur et la Fondation Abbé Pierre, qui organisaient un colloque intitulé «Le logement: cause nationale», avaient «regretté qu'aucun candidat à l'élection présidentielle ne se soit déplacé personnellement».

C'est la deuxième occupation pour laquelle coopèrent le Dal et Jeudi Noir. La dernière remonte au 31 décembre 2006, où les deux associations avaient squatté un immeuble rue de la Banque, dans le 2e arrondissement, immeuble occupé plusieurs années.

http://www.leparisien.fr/societe/paris-des-mal-loges-occupent-une-clinique-desaffectee-08-04-2012-1944959.php

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