lundi 18 mars 2013

Cahors. Polémique dans le vignoble

Dans la série des synonymes, les termes incapacité, insuffisance ou encore inaptitude s'accordent comme larrons en foire et se résument en un seul mot : impéritie. C'est le terme phare choisi par le rédacteur, mal ou bien inspiré (l'avenir le dira), d'un tract qui a mobilisé une quarantaine de vignerons vendredi soir au foyer rural de Puy-L'évêque.
En effet, «l'impéritie des dirigeants successif du syndicat de défense de l'AOC Cahors», suite à l'amende d'un peu plus de 200 000 euros infligée à cette structure (lire notre encadré), a été vertement critiquée au cours de cette réunion de fin de semaine d'où la presse a été poliment, mais fermement refoulée. Seule explication à ce refus de laisser les médias accomplir leur travail : «La réunion est privée» s'est limité à répondre l'un des vignerons à l'origine de ce rassemblement. Contacté par nos soins, hier, ce dernier s'en est tenu aux mêmes propos, refusant d'être cité et nous priant de ne rien publier. Selon les informations qui ont filtré de cette soirée placée sous le sceau du secret, Maurin Bérenger, président du syndicat de défense de l'AOC, a été directement mis en cause. À notre question : «Quelles décisions ont émergé des débats ?», posée hier à un autre des vignerons présents, celui-ci nous répond : «Il est encore prématuré de se prononcer. Nous n'avons rien décidé pour l'instant». Une petite phrase qui en dit long sur l'ambiance régnant au sein de l'AOC.
Maurin Bérenger réagit et ne mâche pas ses mots : «Qualifier mon action d'impéritie, c'est diffamatoire. Je veux bien qu'on conteste ma politique qualitative où je mets tout en œuvre pour valoriser et défendre l'appellation, mais personne n'a le droit de me reprocher une décision judiciaire. Je n'étais pas président au moment de l'assignation en justice. Mais j'assume ce dossier», lance-t-il.

«L'Appellation a besoin d'unité»

Le président est très surpris de la tenue et de la teneur de cette réunion : «Bien sûr je n'y étais pas invité. La dernière assemblée générale a certes démontré le mécontentement des vignerons, mais les débats sont restés corrects. Je savais que quelque chose se préparait», déclare-t-il, déçu. «J'ai été élu avec une excellente majorité. Je prépare et j'applique les réformes pour lesquelles je m'étais engagé. Lorsque j'ai pris la présidence du syndicat, les cours du vin de Cahors étaient à 70 €. Aujourd'hui, ils atteignent 100 €.
L'Appellation a besoin d'unité et de stabilité», conclut Maurin Bérenger, droit dans ses bottes… et dans ses réformes.

http://www.ladepeche.fr/article/2013/03/17/1584448-polemique-dans-le-vignoble.html

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