mardi 26 mars 2013

Dopage : descente chez les haltérophiles à Bordeaux

Dans le jargon judiciaire, on appelle cela une opération « coup de poing ». Vendredi et tout au long du week-end, quelques-uns des 150 athlètes présents aux championnats de France élite d’haltérophilie et force athlétique ont subi un contrôle antidopage. La fine fleur de ces deux disciplines s’est retrouvée pendant trois jours dans la salle du Cosec de Saint-Médard-en-Jalles.

Un point de chute idéal pour l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et la commission régionale de lutte contre les trafics de produits dopants coprésidé par Cécile Baudot, vice-procureur du parquet de Bordeaux et Patrick Bahegne, directeur régional de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale.

Les plateaux se succèdent. Les tribunes sont combles pour applaudir aux exploits de ces femmes et de ces hommes aux muscles saillants. Lorsque les haltérophiles descendent du podium, ils sont invités par un médecin-conseil de la jeunesse et sports et un pharmacien de l’Agence régionale de santé (ARS) à se rendre en coulisses pour satisfaire à un prélèvement d’urine. Les analyses seront ensuite envoyées au laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry, en banlieue parisienne. Idem pour les compétiteurs dans la discipline de la force athlétique où la flexion des jambes, le développé couché et le soulevé de terre sont des exercices qui nécessitent un entraînement et une puissance à soulever des montagnes. Mais tout cela est-ce bien naturel ?

Oui, si l’on en croit la Fédération française d’haltérophilie, musculation, force athlétique et culturisme (FFHMFAC) qui a mis en place une charte contre le dopage en liaison avec le ministère des Sports. Dirigeants, éducateurs, animateurs et athlètes sont tous concernés et s’engagent en signant dans un club à ne pas prendre ni vendre de produits dopants.

Tolérance zéro

« Nous sommes favorables à ce type de contrôle et nous nous y attendons lors de chaque compétition, confie Xavier de Puytorac, président de la Ligue d’Aquitaine et 1er vice-président de la FFHMFAC. Nous faisons nous-mêmes des demandes pour les championnats de France et cette année nous avons aussi insisté auprès de la l’Agence de lutte contre le dopage pour organiser des contrôles lors de compétitions régionales. Nous faisons partie des sports qui ont une mauvaise image mais chez nous, c’est tolérance zéro même si nous avons eu quelques cas difficiles à traiter. L’équipe dirigeante qui vient d’être élue à la tête de la Fédération, comme l’ancienne équipe, s’efforce de traquer les brebis galeuses par un contrôle antidopage absolu. »

Comme à Créon en mai dernier lors de la finale du championnat de France de culturisme, les gendarmes, la douane administrative et la douane judiciaire ont débarqué à Saint-Médard-en-Jalles pour réaliser des vérifications auprès des véhicules des compétiteurs et détecter un éventuel trafic de produit.

« À Créon, nous avons trouvé des cas de dopage lourd avec neuf et sept substances, raconte l’ancien champion cycliste Christophe Basson, détaché auprès de l’AFLD. Ils prennent des anabolisants et notamment des produits vétérinaires avec de la nandrolone, de la testostérone. Ces gars jouent avec leur vie. C’est vraiment la problématique du dopage. Grâce à des résultats, un sportif existe, quitte à mettre sa santé de côté ».


http://www.sudouest.fr/2013/03/25/dopage-descente-chez-les-halterophiles-a-bordeaux-1004168-2780.php

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire