À la barre, Josée a des regrets plein la bouche. « Je ne suis pas excusable », dit-elle d'une voix émue. En avril dernier, son fils de 7 ans est rentré de l'école avec des tatouages sur ses avant-bras. Ceux-ci, réalisés par des élèves et tracés au feutre indélébile, représentaient étoiles juives, croix gammées et pénis. Le tatoué n'a à son âge aucune conscience du poids de ces symboles - idem pour ses très jeunes camarades tatoueurs.
À l'heure du bain, Josée frotte les avant-bras de son fils. Problème, elle est d'humeur zélée et n'a rien trouvé de mieux que d'utiliser une éponge… côté grattoir.
Sur les photos versées au dossier, le fils a un avant-bras à vif, l'autre est sanguinolent. « J'ai pas réalisé qu'il avait mal. Il pleurait pas… », sanglote Josée. Le fils a depuis été placé par le juge des enfants dans une structure éducative.
D'autres éléments dessinent un tableau familial bien sombre. Josée souffre de deux cancers. Son alcoolisme, provoqué par la perte d'un proche, lui faisait engloutir « une bouteille de whisky par jour » - elle a depuis entamé des soins. Son casier affiche six condamnations, dont deux lui ont déjà valu des peines de prison ferme.
Coma éthylique à 7 ans
Un autre épisode est relaté : son fils, avant cet épisode du tatouage, avait un jour été conduit dans un hôpital rémois… en état de coma éthylique. Son taux d'alcool était de 2,1 g/litre de sang.
La mère explique : « J'avais acheté un cubis de cinq litres de vin pour faire mariner une grosse pièce de sanglier. Il était resté sur la table, je dormais. Je me suis réveillé, mon fils avait vomi après avoir bu dans le cubis ».
La substitut du procureur requiert 14 mois de prison, dont 8 avec sursis.
À l'issue du délibéré, Josée est condamnée à 10 mois de prison, dont 5 avec sursis. « Ce que vous avez fait est inadmissible », estime la présidente.
La très fragile Josée acquiesce, honteuse.
http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/elle-lave-son-fils-avec-le-grattoir-dune-eponge
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