Piégées par un feu d'habitation à Reims, hier en pleine nuit, trois personnes ont été sauvées du brasier par quatre policiers. L'une des victimes est une femme en chaise roulante qu'ils ont descendue du premier étage sur leurs épaules.
HIER matin, 1 h 15. Le commissariat de Reims est informé du déclenchement d'une alarme intrusion dans un local commercial de l'avenue de Paris, au n°106. Deux patrouilles de la brigade anticriminalité sont envoyées sur les lieux.
A leur arrivée, les quatre policiers ne découvrent pas de cambriolage mais une « épaisse fumée » qui se dégage des n° 104, 106 et 108. Des flammes s'élèvent derrière la toiture. Elles proviennent d'un garage privé où l'incendie d'origine indéterminée s'est déclaré sur une voiture.
Trois portes défoncées
Les pompiers sont prévenus, mais il n'est pas possible d'attendre. Derrière la porte du 104, les policiers entendent les appels angoissés de la propriétaire qui n'arrive pas à ouvrir en raison de la panique. C'est une dame de 74 ans. Après lui avoir demandé de reculer de quelques mètres, les fonctionnaires de la Bac défoncent la porte et l'évacuent de son couloir qui « commence à être sérieusement enfumé ».
Un rapide coup d'œil au 106 permet de s'assurer que le local commercial loué par un installateur d'alarmes est inoccupé la nuit. Reste le 108. Il y a quatre sonnettes sur l'interphone. Personne ne répond. La porte d'entrée est verrouillée. Une épaisse fumée s'en échappe par les bords alors que les flammes sur la toiture s'intensifient de plus en plus.
Les flammes « à quelques mètres »
Les policiers n'hésitent pas : ils cassent la porte puis entament une reconnaissance méthodique de l'immeuble, palier par palier. « La fumée était si dense qu'ils ont dû se couvrir la bouche et le nez avec leurs blousons », indique un collègue.
Aucun occupant ne se manifeste au rez-de-chaussée. Les quatre hommes grimpent au premier étage. Dans l'escalier, malgré la fumée « très dense », ils remarquent une plateforme de transport pour handicapé moteur. Elle mène à un appartement lui aussi fermé. La brigade tambourine en criant « Au feu ». Une voix d'homme répond « Au secours ».
Pas le temps de tergiverser. La porte est défoncée. Confrontés à une visibilité « pratiquement nulle », les policiers progressent en se guidant à la voix du monsieur qu'ils finissent par trouver aux côtés de sa mère de 82 ans, personne handicapée en fauteuil roulant.
Le fils tient un extincteur avec lequel il a tenté de repousser l'incendie. Les agents s'en emparent, éteignent les flammes les plus proches qui ne sont qu'à « quelques mètres », puis l'un d'eux aidé de ses collègues prend l'octogénaire sur son dos. Le chemin inverse est éprouvant en raison du poids de la dame, des « flammes de plus en plus pressantes », de la fumée qui « empêche de respirer normalement ».
Faute de visibilité, les fonctionnaires doivent toucher les murs pour se guider. Au bas des marches, enfin la délivrance avec l'arrivée simultanée des pompiers qui aident tout le monde à sortir sain et sauf de l'immeuble (les deux personnes évacuées en sont les seuls occupants). Leur intervention permet de stopper le sinistre avant qu'il ne se propage irrémédiablement aux habitations.
Après un examen de contrôle aux urgences, l'octogénaire a été relogée dans sa famille. Une enquête est en cours pour déterminer l'origine de l'incendie qui a pris sur la voiture du fils et détruit les 300 m2 de son garage. L'homme n'avait guère envie de s'exprimer hier. Quant aux quatre policiers de la brigade anticriminalité, ils ont été reçus en soirée par leur hiérarchie pour être félicités. Sans doute vont-ils être proposés à l'attribution de la médaille pour acte de courage et de dévouement.
http://www.lunion.presse.fr/article/marne/trois-personnes-sauvees-des-flammes-par-la-police
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