mardi 26 mars 2013

Une mamie tuée pour une poignée d’euros

Une famille foudroyée par l’incompréhension, des enfants et petits-enfants en quête de réponses pour mener le travail de deuil. Un flot de tristesse et de colère s’est échoué, hier, sur les bancs de la cour d’assises des mineurs de la Moselle où l’on étudie, jusqu’à demain et à huis clos, ce qui s’est passé un soir d’automne 2010 dans la maison d’Elise Sekfali, paisible retraitée retirée à Stiring-Wendel. Le 12 octobre, cette femme de 75 ans a été retrouvée sans vie, le visage barré par d’effroyables blessures.
Quand les trois accusés sont entrés dans le box qu’ils vont partager jusqu’à demain pour y répondre principalement de vol avec violences ayant entraîné la mort , ils étaient attendus. Épiés par les proches de la victime qui se demandaient, depuis plus de deux ans, à quoi ressemblent ceux qui ont pu faire ça à la septuagénaire.
Ces trois hommes sont des petits délinquants du secteur. Des petites frappes au casier judiciaire jusqu’ici pas bien épais. Deux étaient encore mineurs le jour des faits.
Le 12 octobre 2010, ils « voulaient faire un pavillon », a avoué l’un d’eux en garde à vue. Ils connaissaient cette demeure installée au 12 de la rue de la Forêt. Ils savaient qu’une personne âgée y résidait. Un « coup » facile a priori.
Steve et Ahmed*, 17 ans tous les deux, ont passé une partie de la journée ensemble avant d’être rejoints, dans la soirée, par Mike Iannone, âgé alors de 19 ans. Celui-ci n’a pas oublié d’amener les cagoules.

L’un des accusés minimise les coups

Vers 22h, Ahmed rentre dans la maison par un soupirail et ouvre la porte du garage à Steve. Iannone fait le guet à l’extérieur.
Dans la maison, les deux cambrioleurs sont surpris par Elise Sekfali. Steve aurait alors empoigné un extincteur pour en vaporiser le contenu en direction de la septuagénaire. De santé fragile, elle s’écroule. L’agresseur la maintient au sol pendant que son compère fouille les pièces. Ils espèrent récupérer 600 € et quelques objets de valeur. Ils trouvent une liasse de billets dans le portefeuille et des paquets de cigarettes. En quittant les lieux, ils tombent sur une patrouille de police prévenue par un témoin. Steve est interpellé avec difficulté. Trois policiers sont blessés. Ses complices supposés sont arrêtés un peu plus tard.
Quand les agents pénètrent dans la maison de la rue de la Forêt, le corps d’Elise Sekfali est légèrement recroquevillé sur le sol. Les traces de coups sur son visage interpellent les policiers.
Dans ses déclarations, Steve. reconnaît quelques violences exercées sur la septuagénaire. Une version très allégée souffrant des constatations médico-légales qui décrivent des lésions traumatiques vitales associant « deux zones de contusions ecchymotiques au niveau crânio-facial, une fracture des deux os de l’avant-bras gauche, des factures costales. » Le médecin légiste est formel : « Certaines de ces lésions sont compatibles avec les conséquences traumatiques de coups répétés portés avec une forte énergie ou avec un objet contondant de masse suffisante pour provoquer des fractures. » L’extincteur peut correspondre.
Les enfants et les petits enfants de la victime attendent désormais des certitudes.
* Ce sont des prénoms de substitution pour préserver l’anonymat des accusés mineurs au moment des faits
 

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