Dès le début, dans l'affaire Alexandre Junca, les enquêteurs de la PJ avaient, parmi d’autres pistes, ciblé le milieu des SDF et marginaux de Pau. « Vu la nature des faits, on se disait, soit c’est un fou, soit c’est des gens issus d’une population à risques. Et l’immersion du corps dans l’eau nous a fait penser à des gens du cru », explique un proche du dossier.
Aux premiers jours de l’enquête, les policiers avaient donc interrogé de nombreux SDF, tous ceux qui avaient été de passage à Pau, puis refermé des hypothèses. Ceux-là, ils ne les avaient pourtant pas approchés. Or, il semble que ce qui pouvait passer pour une intuition voici deux ans se soit confirmé dès mercredi, avec le placement en garde à vue de cinq personnes. Si on ne connaît pas l’identité de la femme qui a été relâchée sans poursuites vendredi, le « profil » des principaux suspects de l’affaire trouverait, pour la plupart d’entre eux, un point commun dans la marginalité.
C’est notamment le cas de Fatima, première à être passée devant la juge d’instruction hier. Une femme de 46 ans, mère de famille, qui s’est présentée l’air perdu devant le juge des libertés et de la détention. Sans emploi, son parcours serait chaotique. « Elle n’a pas été épargnée par la vie. C’est une femme extrêmement fragile et perturbée », commentait son avocate, Me Rolfo, du barreau de Tarbes, qui l’a connue jeudi, lorsqu’elle a demandé une assistance au deuxième jour de sa garde à vue.
Une garde à vue au cours de laquelle elle aurait peu parlé, assurant qu’elle n’avait rien à voir avec cette affaire, s’enfermant dans le mutisme lors de son passage devant la juge d’instruction. « Elle semble avoir peur de son compagnon [Mickaël Baehrel, toujours en garde à vue, NDLR], qui peut se montrer violent », poursuivait son conseil, qui confirmait aussi le lourd passé psychiatrique de cette femme qui aurait été hospitalisée à plusieurs reprises.
Le deuxième mis en examen, « Mike » Bonnet, 26 ans, est lui sous tutelle, confiait hier son avocat. Il est apparu maigre, le crâne dégarni et l’air hagard devant le juge.
Quant au principal suspect, Mickaël Baehrel, qui était hier soir encore au commissariat, il est présenté par plusieurs sources proches du dossier comme un marginal lui aussi, habitué de la rue. Né à Alençon voilà vingt-sept ans, il serait arrivé à Pau il y a deux ou trois ans et y aurait rencontré Fatima, chez laquelle il vivait, rue Guichené.
Le troisième mis en examen, apparu vers 22 heures hier soir devant le juge, homme au crâne dégarni, un retraité des environs d’Arzacq-Arraziguet, amateur de chasse et ayant, selon certaines sources, entretenu une relation très proche avec Mickaël Baehrel, doit être présenté ce matin devant la juge d’instruction
http://www.sudouest.fr/2013/04/07/le-milieu-marginal-cible-par-la-pj-1017120-4778.php
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