mercredi 3 avril 2013

Altercation à l'hôpital Plainte contre un chef de service

Le 8 mars dernier, un chef de service de l'hôpital de Laon aurait violemment poussé un employé du service général. L'homme a eu quinze jours d'arrêt de travail. Plainte a été déposée.
UNE simple montre. Voici ce qui serait à l'origine d'une histoire dont l'issue se trouve maintenant dans les mains d'un officier de police judiciaire du commissariat de Laon. Une plainte a en effet été déposée le 15 mars dernier par un employé du service général de l'hôpital contre un chef de service de ce même centre hospitalier.
Quels seraient les faits ? Le 8 mars, en fin de matinée, un des membres du service général, le plaignant, effectue sa tournée de livraison des courriers et autres colis dans les différents services de l'hôpital. Arrivé dans le bureau de ce chef de service, il aurait été violemment pris à parti. Oralement puis physiquement, puisqu'il aurait été assez brutalement repoussé contre le mur ou la porte du bureau de ce chef.
Le motif ? Une montre, une simple montre, qu'un laboratoire envoyait à ce responsable. Un colis qui était arrivé la veille à l'hôpital et que l'homme semblait attendre avec impatience. À la question de savoir pourquoi la montre n'avait pas été livrée le jour même, la réponse aurait été que la distribution des courriers et autres objets pharmaceutiques primait par rapport à ce cadeau. Une réponse qui ne semble pas avoir satisfait le chef de service.
L'état du colis serait aussi un des arguments de l'altercation. D'où une hausse de ton dans la discussion et le geste qui aurait envoyé le « livreur » contre les montants de la porte ou le mur juste à côté.
Passage aux urgences
L'histoire aurait pu ne pas aller plus loin si, à au retour dans le service, l'état de l'employé n'avait pas inquiété le propre chef du coursier. Qui a obtenu de se faire raconter l'histoire. Et de conduire aussitôt son employé, visiblement atteint, au service des urgences. Le médecin de permanence a diagnostiqué un état qui nécessitait dix jours d'ITT. Durée qui a été ensuite prolongée de cinq autres jours. L'employé du service général, de constitution fragile, a alors décidé de porter plainte, le 15 mars. L'enquêteur en charge de ce dossier, classé, selon nos sources « sensible », a déjà entendu un témoin de cette altercation. Qui semble confirmer la version de la victime.
Praticien reconnu - il a notamment sauvé la vie de l'actuel directeur du conservatoire de musique, dixit ce dernier -, ce chef de service traverse actuellement une période délicate dans sa vie privée. Elle peut donner un début d'explication à ce comportement, mais non l'excuser, comme le précisera Évelyne Poupet, directrice de l'hôpital. Cependant, un précédent fait - de moindre envergure toutefois - impliquant le médecin et une infirmière, risque de peser dans ce nouveau dossier.
Possibilité de sanction
« Nous avons été avertis dès le jour même de la situation, explique Évelyne Poupet, et nous avons même eu un CHSCT spécial. Le souci est que, jusqu'à présent, nous n'avons pas eu beaucoup d'explication de la part de notre chef de service. De toute façon, il est hors de question de laisser de tels comportements, quel qu'en soit l'auteur, médecin ou simple employé. Le respect, ce n'est pas négociable. »
Si, d'un côté, la direction attend d'avoir les deux versions de l'affaire, Évelyne Poupet précise : « Je peux vous assurer que l'on ne restera pas les bras croisés. Nous n'excluons pas la sanction si besoin. »


http://www.lunion.presse.fr/article/faits-divers/altercation-a-lhopital-plainte-contre-un-chef-de-service

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