mardi 2 avril 2013

Joggeur attaqué par une buse à Delle (90)

Deux légères balafres au front. Icham Zahrane, surveillant au collège de Delle, n’est pas prêt d’oublier son jogging dans le bois de Fay, vendredi. Une buse l’a attaqué à la tête, en un fragment de seconde, sans qu’il puisse prévoir l’agression. Grâce à son bonnet, les serres ne l’ont que peu marqué. Le Dellois, joggeur habitué des lieux, n’a pas tout de suite compris ce qui lui arrivait : il a juste ressenti un choc. Il a alors eu le réflexe de s’armer d’une branche, et cela a suffi à faire fuir l’oiseau agressif qui n’est pas revenu.
C’est donc choqué, blessé de quelques griffures sur le haut du front, que le joggeur, qui achevait son circuit habituel, a retrouvé l’air libre sur le parking tout proche.
Il s’agit de la première attaque de buse connue dans le Territoire de Belfort Comment une buse peut-elle devenir agressive ? Habitué des lieux, Hicham connaît comme tous les Dellois les quelques nids perchés à une cinquantaine de mètres du sol dans cette forêt paisible, mais n’aurait jamais soupçonné devenir une cible. Le rapace a-t-il considéré que le joggeur violait son domaine en période de nidification ?
Christophe Morin, membre de la LPO Franche-Comté (Ligue de protection des oiseaux) précise que « ces comportements attribuables, la plupart du temps, à des buses variables, sont connus mais restent fort heureusement rares ». Il qualifie l’attaque de « comportement atypique d’un oiseau en défense de territoire… au taux de testostérone exacerbé ».
Le spécialiste, qui a déjà évoqué le sujet avec le responsable du centre Athénas (soins aux animaux sauvages), Gilles Moyne, en a retenu que de tels cas « touchent préférentiellement des oiseaux ayant vécu en captivité et qui, une fois échappés ou relâchés par des privés, perdent toute appréhension et crainte vis-à-vis de l’homme ». La captivité de buses chez soi est illégale, bien sûr ! Le comportement de tout animal sauvage gardé en captivité, apprivoisé puis relâché dans la nature, en est modifié… L’attaque de vendredi est l’occasion de rappeler qu’un oiseau blessé ne doit pas être soigné à domicile, mais adressé à un vétérinaire ou au centre de soins aux animaux sauvages situé à Lons-le-Saunier. On y soigne, pour la Franche-Comté et la Bourgogne est, les chats forestiers, les lynx, les hiboux, les rapaces…
À Delle, pas de psychose pour autant. La vigilance est requise... sans en abuser.

http://www.estrepublicain.fr/faits-divers/2013/03/31/joggeur-attaque-par-une-buse-a-delle-(90)

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