Le patron de l’hôtel Première Classe de Lons et vice-président de l’Union des métiers et de l’industrie hôtelière (Umih) pour le Béarn et la Soule, en charge des hôtels de Pau et de son agglomération, Xavier Gabe, a été mis en examen, hier, pour « proxénétisme hôtelier » ainsi que son épouse. Le couple a été placé sous contrôle judiciaire avec un cautionnement de 7 500 euros pour chacun. « Il leur est interdit de se rendre dans l’hôtel », précise le procureur de Pau, Jean-Christophe Muller. Une troisième personne, un homme de nationalité roumaine de 23 ans arrêté dans l’établissement jeudi matin, a été mise en examen pour « proxénétisme aggravé » et placée en détention provisoire à l’issue de son interrogatoire par la juge d’instruction Lucile Pichenot, qui a été saisie de cette affaire.
« Un hôtelier honnête »
Celle-ci suscite une vive émotion dans le milieu local de l’hôtellerie. « Je suis abasourdi. Je connais bien Xavier : c’est quelqu’un d’honnête qui a fait beaucoup pour notre syndicat. Je ne crois pas qu’il ait su que des personnes venaient se prostituer chez lui. C’est un risque auquel notre métier est exposé et il est très difficile de tout maîtriser. Je ferai tout pour le soutenir dans cette épreuve », confie Yves Larrouture, le président de l’Umih Béarn et Soule.
Xavier Gabe et son épouse « contestent avoir favorisé la moindre activité de proxénétisme ou de prostitution », insiste d’ailleurs leur avocate Me Mazza-Capdevielle pour qui ce dossier « illustre les difficultés liées à ces nouvelles formes de prostitution itinérante ». Des dénégations également martelées par le jeune Roumain écroué, selon son avocate Me Spiteri.
« Pressions sur les salariés »
C’est un contrôle de l’inspection du travail mené récemment dans l’hôtel lonsois qui est à l’origine de cette affaire. « Des salariés ont expliqué être victimes de pressions de leurs employeurs s’ils parlaient de l’hébergement régulier de prostituées depuis deux ans », indique le procureur. Alerté, le parquet a aussitôt ouvert une enquête préliminaire, confiée à la Sûreté départementale de Pau.
Jeudi dernier, la police lançait une opération dans l’hôtel et interpellait neuf personnes : le jeune Roumain et huit femmes de nationalités roumaine et brésilienne qui ont toutes reconnu, lors de leur garde à vue, se prostituer. Les gérants ont été interpellés le lendemain, à leur domicile. « Nous avons découvert que les réservations ne passaient pas par une centrale nationale mais se faisaient directement auprès de l’établissement lonsois où vivait le couple de gérants. Nous les soupçonnons d’avoir été parfaitement au courant de ce qui se passait dans leur hôtel », ajoute le procureur.
À ce stade de la procédure, les trois mis en examen bénéficient toutefois toujours de la présomption d’innocence.
http://www.sudouest.fr/2013/04/28/les-gerants-mis-en-examen-1038377-4637.php
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