"On a découvert
l'horreur, plus de 180 chiens et chats vivaient dans de minuscules cages, dans
leurs excréments, sans eau ni nourriture", se rappelle Brigitte Piquetpellorce,
directrice de la Cellule anti-trafic de la SPA (CAT). Cette cellule fête
ses 20 ans de combat et déplore que les animaux de compagnie
soient de plus en plus maltraités et victimes de trafics en tous genres
alimentant un commerce lucratif.
"Depuis la création en janvier 1993 de la CAT, la situation des
animaux de compagnie en France se détériore de plus en plus", déplore Brigitte
Piquetpellorce. "Les importations illégales en provenance de nombreux pays
d'Europe mais aussi les combats de chiens et les élevages inhumains en batterie
font que la lutte continue", dit-elle. Elle se félicite toutefois de la forte
baisse des vols de chiens et chats pour l'expérimentation animale.
500 bêtes sauvées
Chaque année, la CAT sauve plus de 500 bêtes et rappelle que le
trafic d'animaux occupe le troisième rang mondial des négoces illégaux, après
celui de la drogue et des armes. "Une économie souterraine qui ne cesse de se
développer". Selon elle, un chihuahua acheté 250 euros en moyenne en Slovaquie
est revendu entre 1.000 et 3.000 euros en animalerie. Elle estime par ailleurs à
700.000, le nombre de chiots qui sont vendus en France, chaque année, hors de
tout circuit officiel (éleveurs, animaleries).
Au quotidien, les enquêteurs de la CAT, qui n'ont pas autorité
pour agir seuls, travaillent en étroite collaboration avec les gendarmes,
policiers, douaniers et procureurs pour traquer les trafiquants. Ils mènent de
véritables enquêtes policières. Brigitte Piquetpellorce regrette cependant "une
justice peu adaptée aux animaux" mais "se félicite de quelques affaires dont les
sanctions peuvent avoir une valeur dissuasive".
Améliorer la traçabilité
Toutefois, des procès, comme celui d'un couple d'éleveurs du
Maine et Loire en 2012 condamné à de lourdes peines, "est une victoire pour la
SPA". "L'homme a écopé de deux ans de prison ferme et sa femme 12 mois de prison
avec sursis. Tous les deux ont une interdiction d'exercer une activité en
rapport avec les animaux et ils ont dû verser plus de 80.000 euros pour la prise
en charge des bêtes malades".
Aujourd'hui, la SPA attend des pouvoirs publics "un meilleur
encadrement du commerce des animaux grâce à une traçabilité à partir de leur
naissance, un suivi des animaux invendus, l'interdiction des élevages intensifs
et d'avantage de sanctions judiciaires dissuasives".
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