jeudi 9 mai 2013

Langonnais (33) : détournements de fonds au syndicat de l’eau

C’est désormais un secret de Polichinelle dans la commune girondine. Surtout depuis que « l’affaire » a été succinctement évoquée lors d’une réunion publique de la Communauté de communes (CdC) de Targon, tenue la semaine dernière à Escoussans, dans le Sud-Gironde. Les gendarmes de la brigade des recherches de Langon s’intéressent en effet de très près au fonctionnement du Syndicat intercommunal d’adduction d’eau potable et d’assainissement (Siaepa) du canton de Targon et à celui de la CdC.
Les investigations ont débuté en juillet 2012 et visent en particulier la secrétaire de la CdC et du Siaepa, soupçonnée d’avoir fait établir de fausses factures par une entreprise de BTP et construction de Targon dans laquelle travaille son mari. Elle les présentait au règlement et son mari recevait directement l’argent sur son compte pour des chantiers qui n’avaient jamais existé !

Le montant des malversations présumées atteindrait près de 900 000 euros sur une période de cinq ans. Pour l’instant, les investigations auraient permis d’établir que le préjudice affecterait exclusivement le Siaepa.
Le pot aux roses découvert, la secrétaire, attachée territoriale, est depuis en arrêt maladie. Au début du mois d’avril, elle a été placée en garde à vue avec son mari dans les locaux de la gendarmerie de Langon. L’enquête préliminaire se poursuit toujours, car les gendarmes souhaitent encore vérifier certains points.
Une enquête très discrète
L’affaire a vu le jour à la suite d’un signalement de Tracfin, un service rattaché au ministère des Finances. Ces agents, qui traquent les circuits clandestins, ont transmis une note d’information au procureur de la République de Bordeaux pointant des opérations suspectes au sein du Siaepa.
Concrètement, le syndicat des eaux versait des sommes colossales sur le compte personnel d’un particulier dont le nom revenait sans cesse.
Les investigations confiées aux gendarmes ont été menées dans la plus grande discrétion. Encore aujourd’hui, rien ne filtre du côté des enquêteurs.
La division économique et financière du parquet confirme l’existence d’une enquête préliminaire toujours en cours, « mais qui touche à sa fin ». Cela sous-entend qu’une information judiciaire ne sera pas ouverte et que les mis en cause ne seront pas mis en examen mais pourraient se voir délivrer une convocation par officier de police judiciaire pour comparaître dans un délai rapproché devant le tribunal correctionnel.
Une confiance aveugle
La secrétaire aurait donc abusé de sa position pour, avec la complicité de son mari, utiliser le facturier de la SARL du même nom gérée par son beau-frère et profiter ainsi de sommes rondelettes. Elle aurait également bonifié ses bulletins de salaire en augmentant le nombre d’heures supplémentaires sans que personne ne s’aperçoive de rien. Et c’est ce qui est troublant, car de tels mouvements d’argent sautent immanquablement aux yeux.
Les gendarmes de Langon doivent d’ailleurs se demander comment, sur une période aussi longue et avec des actes répétés, le président du Siaepa, Alain Pargade, n’a pas décelé le comportement de sa secrétaire. Peut-être parce qu’il lui vouait une confiance absolue. Alain Pargade, que nous n’avons pu joindre, aurait été auditionné en qualité de témoin. En tant que personne dépositaire de l’autorité publique, il semble qu’il ait fait preuve d’une grande négligence et d’un défaut de contrôle manifeste dans les opérations du syndicat.
La secrétaire et son mari, qui bénéficient à ce stade des investigations de la présomption d’innocence, pourraient être poursuivis pour détournements de fonds publics.
D’ores et déjà, le parquet a prononcé la saisie de leurs maisons à Soulignac et à Arcachon.

http://www.sudouest.fr/2013/05/09/des-vagues-au-syndicat-de-l-eau-1048627-7.php

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