mercredi 22 mai 2013

Un jeune Rémois condamné pour vols avec violence

Un jeune marginal rémois a été condamné hier au tribunal correctionnel de Laon, en comparution immédiate, à douze mois d’emprisonnement pour deux vols dans l’Aisne, dont l’un avec la menace d’un cutter.
CONDAMNÉ à de la prison, il échappe pourtant à une incarcération. Sa peine, douze mois d’emprisonnement dont quatre mois avec sursis, est aménageable. Clément Terlaud, 21 ans, de Reims, ne semble pas mesurer sa chance. Le teint blême, le jeune homme, sans emploi, en garde à vue depuis 48 heures, illustre le dé- séquilibre du toxicomane. Il est énervé, persuadé d’être persécuté par les magistrats lorsqu’il leur lance : « Vous me cassez de tous les côtés, vous ne me laissez pas parler ! ». Il jette ses bras en avant dans une posture désabusée.
Jusqu’à la mort de son père, il y a trois ans, il est sans histoire. Il perd son emploi de chauffeur et consomme deux grammes d’héroïne par jour. C’est pour elle, qu’il vole le 13 mai, une Golf appartenant à un restaurateur de Bruyères-et-Montbérault dans l’Aisne. La veille, le prévenu se rend dans un établissement de restauration rapide, L’Orient Express pour téléphoner. Quand il voit la voiture immobilisée, sans son conducteur absent quelques minutes, et son moteur en marche, il se précipite.
Le propriétaire ? Présent hier au tribunal correctionnel de Laon, a l’habitude de manier les chiffres. Il établit son préjudice à 16 000 euros, le prix de l’automobile et à 5 000 euros, les objets à l’intérieur, costumes, téléphone… Son avocat, Me Duflot, n’évalue pas encore les dommages. La voiture, prise dans les mailles du filet d’un gang de revendeurs à Charleroi, en Belgique, reste introuvable.
Une agression
Clément Taraud renouvelle la même manœuvre le 18 mai à Laon. Toujours dans le même but : fournir des véhicules à un réseau international de malfaiteurs implantés à Laon, pour acheter de la drogue. C’est une Mercedes, dont le chauffeur revient tout juste du coiffeur, qui attire sa convoitise. Cette fois, il place un cutter sur la gorge de sa victime. Celle-ci affirme que la lame a bien été sortie. Lui le nie. La substitut du procureur retient surtout une condamnation à Châlons-en-Champagne en mars pour un vol d’alcool. « Il va crescendo dans la gravité des faits, en lien étroit avec la toxicomanie », dit-elle. Elle requiert deux ans d’emprisonnement dont un avec sursis et le maintien en détention. La menace semble réelle quand Me Lorente, avocate de la défense, plaide. Elle insiste sur des aspects positifs. « Il sait que les faits commis sont graves. Il a tout reconnu. Le mieux, c’est de le pousser à avoir du travail. »
Avant que la cour ne se retire pour délibérer, le prévenu s’excuse. Il tourne la tête vers le restaurateur de Bruyères-et-Montbérault et bredouille un pardon. Le commerçant ne se montre pas vraiment attendri.
« C’est trop tard », répond d’une voix forte cet homme aux traits volontaires et aux larges épaules.


http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/un-jeune-remois-condamne-%07pour-vols-avec-violence

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