vendredi 17 janvier 2014

Meurtre au Pays basque : ce serait un "règlement de comptes"

Un trafic de cannabis, herbe et résine, constitue le fond du dossier du meurtre d'Abdel-Hakim Haddad, dont le corps avait été retrouvé le 17 septembre à Urt, près de l'Adour. Au-delà des premières constatations sur le terrain, les enquêteurs de la gendarmerie, Section de recherches (SR) de Pau officiers et agents de police judiciaire de la compagnie de gendarmerie de Bayonne ont tiré les fils d'un écheveau de chanvre.
Le 25 septembre, une information judiciaire était ouverte, confiée à la juge d'instruction de Bayonne Joëlle Lesparre, qui a diligenté des investigations sous commission rogatoire. Hier, Anne Kayanakis, procureure de la République a précisé que les enquêteurs avaient envisagé plusieurs pistes, mais que celle de liens avec un trafic de stupéfiants avait rapidement tenu la corde. La surveillance d'un réseau de relations de la victime s'en est suivie.
Un jeune homme de 22 ans, résidant à Briscous et sa compagne de 18 ans ont été progressivement identifiés comme potentiels auteurs des faits. Mardi, ils étaient placés en garde à vue, de même que des personnes de leur proche entourage. Celles-ci ont été relâchées après que leur audition a permis d'établir qu'elles n'avaient pas participé à la commission des faits.
Selon la procureure, l'homicide volontaire a eu lieu à Briscous, mais sans la préméditation de son auteur présumé. Une dispute est intervenue entre les trois protagonistes : Abdel-Hakim Haddad, le jeune homme de 22 ans et sa compagne de 18 ans, tous deux résidant à Briscous. Le jeune homme aurait porté des coups à la tête d'Abdel-Hakim Haddad, Biarrot d'origine algérienne, déjà impliqué dans une grosse affaire de stupéfiants. Les coups ont provoqué le décès de ce dernier. Ils ont été perpétrés au moyen d'un outil de jardinage, une bêche ou une pioche.
« La compagne a participé à la dissimulation de l'outil et d'une pelle qu'aurait pu utiliser le mis en cause », a mentionné la procureure de la République Anne Kayanakis. « Le meurtre aurait été commis dans la soirée du 16 septembre […] Le corps de la victime aurait été transporté dans le coffre du véhicule depuis Briscous jusqu'à Urt par l'auteur des faits ». La suite est connue. La découverte du corps de la victime à Urt le mardi 17 septembre, alors que la veille à 16 heures il avait quitté son travail de manutentionnaire intérimaire à Anglet.
Quelle est l'origine du désaccord qui a mis le feu aux poudres entre ces acteurs d'un trafic de stupéfiants local ? L'auteur des faits était par ailleurs consommateur. Inconnu des services de police pour trafic de cannabis, il avait été condamné pour avoir conduit un véhicule sous l'emprise du cannabis. Une hypothèse - somme toute classique en matière de règlement de comptes sur fond de trafic de drogue - est celle du « carottage ». Ce terme désigne, dans le jargon policier, une arnaque entre trafiquants, souvent la soustraction, par l'une des parties de la marchandise, ou des fonds issus de la revente de stupéfiants.
Qui aurait carotté qui ? La victime ou l'auteur présumé du meurtre et sa complice ? La suite de l'enquête, qui continue sous l'autorité de la juge d'instruction devrait permettre de l'éclairer. 

http://www.sudouest.fr/2014/01/17/reglement-de-comptes-1432423-7.php

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