C’était encore le cas ce mardi avec la présence de Louis* à la barre, poursuivi par la justice pour avoir frappé sa future ex-épouse à plusieurs reprises. A ce trentenaire qui travaille dans la fonction publique, la justice reproche d’avoir porté des coups à son épouse en septembre 2014 et en avril 2015. « Elle avait le don de me pousser à bout. Je fais un métier difficile, j’ai pris sur moi pendant longtemps », a-t-il lancé pour justifier ses gestes. Le prévenu mentionnant aussi ne pas avoir porté de coups mais avoir serré le bras de sa femme. Assurant que « jamais de la vie je n’aurais pensé que je l’aurais touchée un jour », Louis a avancé « l’incident de parcours. »
Refusant de passionner le débat, Me Elisabeth Perceval en partie civile a expliqué que « les violences avaient causé la rupture du couple. » Ce dont n’a pas douté Sophie Partouche, la substitut du procureur, qui a requis une peine de quatre mois de prison avec sursis. Ne voyant pas en la victime « une femme sous le joug de son mari », Me Xavier Lignot a assuré que son client prenait « sa part de responsabilité en reconnaissant les deux faits. Frapper une femme c’est grave, mais elle n’était pas sous son emprise. »
Le prévenu a été condamné à un mois de prison avec sursis. Condamnation qui, comme souhaité par la défense pour des raisons professionnelles ne figurera pas à son casier judiciaire.
« C’est un dérapage »
Autres violences, celles commises par Edouard*, 24 ans. Lui aussi poursuivi pour des coups sur sa compagne c’était le 14 décembre 2014. Quelques jours après les faits, sa compagne ira déposer plainte à la police pour un violent coup de poing derrière la tête. « Pourquoi ce coup de poing ? », questionnera le président. « Je venais de perdre mon emploi, c’est un dérapage », affirme le prévenu. « C’est la seule fois ? Votre compagne parle de violences régulières », a poursuivi le président. Le prévenu reconnaîtra avoir poussé sa concubine à plusieurs reprises, l’avoir insultée. « Vous trouvez ça normal ? » « Non » « Courageux ? » « Non ».Après quelques mois de séparation, Edouard et son amie vivent à nouveau ensemble depuis six mois. Appelée à s’exprimer, elle a affirmé au juge que tout allait bien, qu’il n’y avait plus de violence.
Une situation nouvelle qui, pour le ministère public, ne devait pas faire oublier la comparution du prévenu. Trois mois de prison (dont deux avec sursis et mise à l’épreuve) ont été requis.
Une peine trop lourde selon Théo Hel, avocat de la défense. « A la différence du dossier précédant (N.D.L.R. : celui de Louis) mon client ne cherche aucune justification, il n’a pas cherché à contester les violences précédentes. La plus grande dissuasion, c’est la peur de perdre sa compagne, pas la sanction pénale. »
Comme Louis, Edouard a été condamné à un mois de prison avec sursis. Sous le coup d’une précédente condamnation pour des violences (non conjugales), il a aussi écopé d’une révocation d’une période d’un mois de prison.
* Les prénoms ont été changés
http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2016/03/08/bar-le-duc-deux-hommes-condamnes-pour-avoir-frappe-leurs-conjointes
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