Nous vous révélions, ce mardi, une récente opération de police ayant abouti au démantèlement d’un réseau de trafic de drogue à Planoise. Un coup de filet en deux temps, d’abord axé sur les produits - 7,5 kilos d’héroïne, 3 kilos de cannabis, 300 grammes de cocaïne, 13 500 € d’argent - puis ciblé sur les organisateurs principaux de ce point de deal, incrusté de longue date sur le secteur Luxembourg-Piémont. Huit personnes au total ont été mises en examen, dont trois incarcérées à titre provisoire.
À raison de 30 € la dose, l’héroïne saisie (la deuxième plus grosse prise jamais réalisée à Besançon après les 19 kilos en 2015 aux 408) équivaut à plus de 200 000 € de valeur marchande. Un succès éclatant pour les enquêteurs bisontins, qui pistaient ce réseau depuis de longs mois.
La technique du ciseau
La police n’est pas naïve. « La nature ayant horreur du vide, on se doute que la place sera reprise par d’autres. D’ailleurs, la police municipale a saisi plusieurs pochons d’héroïne dans ce secteur mardi. Mais une telle opération provoque une grosse désorganisation chez les trafiquants », explique le commissaire Kmyta.
À raison d’une trentaine de points de deal implantés à Planoise, mettre K.O. la vente de stupéfiants reste une utopie. Le réel enjeu est dans un retour à une situation maîtrisée, acceptable, qui n’impacte pas le quotidien des habitants. Car dans son sillage, la drogue engendre un climat de violences, d’incivilités, de défiance, une circulation accrue des armes et une dynamique de déscolarisation pour les plus jeunes. L’ensemble tire vers le bas tout un quartier pourtant vibrant de vie, d’énergie et de bonne volonté, tout en pourrissant sa réputation.
« On est saisi au quotidien par les gens, qui n’en peuvent plus de ce qu’il se passe en bas de chez eux », confirme le commissaire. C’est tout l’intérêt du groupe local de traitement de la délinquance (GLTD), lancé fin septembre. « Il y a ces enquêtes au long cours qui ciblent les responsables, mais aussi tout ce travail de sape en lien avec le parquet, qui permet de lutter contre les délits d’entrave dans les halls d’immeuble. En complément de ces longues enquêtes, nous faisons des actions quotidiennes, des contrôles systématiques des identités dans ces halls, à l’occasion desquelles on saisit également des produits stupéfiants. L’objectif est d’insécuriser ces perturbateurs », développe Benoit Desferet, directeur départemental de la sécurité publique.
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