Elle est en infraction continue. Elle le sait. Et visiblement elle ne le vit pas bien. Hier matin, c'est pourtant à nouveau voilée qu'est arrivée au palais de justice de Castres cette habitante de 29 ans qui devait comparaître devant le tribunal de police pour justement avoir dissimulé son visage sur la voie publique, ce qui est interdit par la loi du 11 octobre 2010 qui vise notamment le port du voile intégral pour les femmes musulmanes. Une infraction relevée par les policiers mazamétains sur le marché d'Aussillon en novembre dernier. La première application de cette loi anti-niqab, dans le Tarn.
« On ne peut pas juger des yeux, lui explique gentiment l'huissier sur le perron du palais de justice. Il faut que la juge puisse voir votre visage ». « Si la juge est une femme, ça va alors », lâche son mari qui l'accompagne. La femme de confession musulmane, originaire de Mayotte, rentre finalement voilée dans le palais de justice et se met à l'écart dans un coin de la salle des pas-perdus en attendant qu'on l'appelle au lieu de s'asseoir dans la salle d'audience comme les autres justiciables. Et c'est toujours couverte qu'elle va pénétrer dans le tribunal lorsque son tour arrive. Elle n'enlèvera le voile qui couvre son visage qu'une fois arrivée à la barre à la demande de la juge. Et c'est en pleurs qu'elle répond aux questions de la magistrate.
"Maintenant, je resterai à la maison"
« Si vous n'enlevez pas votre voile sur la voie publique vous serez verbalisée à chaque fois », lui lâche la présidente. « Avant je n'étais pas comme çà, répond la jeune femme. Mais j'ai lu le Coran et quand on est une femme musulmane on doit se comporter comme çà. Si j'enlève mon voile, je deviendrais une hypocrite par rapport à la religion de l'Islam ». « C'est peut-être conforme à votre religion mais cela ne l'est pas avec la loi française et les lois doivent être respectées », lui explique la magistrate. « Maintenant, je resterai à la maison », répond la contrevenante.« Vous ne pouvez pas rester enfermée tout le temps », lui rétorque la juge. « Je vais tout faire pour retourner chez moi alors » ajoute la jeune femme sous entendant retourner à Mayotte, nouveau département français où pourtant la loi s'applique également. Le ministère public va requérir 150 € d'amende, le maximum prévu par les textes pour cette infraction de 2e classe. Le tribunal la condamnera finalement à 100€. Mais la jeune femme, sans emploi qui se demandait comment elle allait payer, n'en a pas fini pour autant avec la justice. Puisqu'elle a déjà été repérée une deuxième fois en infraction dans le centre ville de Mazamet en décembre. Et si la première fois, la « notification » de l'infraction s'était passée sereinement, là elle a été plus délicate. La jeune femme aurait insulté les fonctionnaires de police. Ce qui lui vaut une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, le fameux « plaider-coupable », la semaine prochaine pour outrages. Et il y a de fortes chances qu'elle se représente au tribunal à nouveau voilée.
http://www.ladepeche.fr/article/2012/02/29/1294214-le-premier-proces-d-une-femme-voilee.html
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