mercredi 30 mai 2012

Procès de la fusillade du Garros : "à chaque détonation, vous imaginez que c'est la fin"

Deux jeunes sont jugés les coups de feu qui avaient blessé un homme, voilà deux ans, au Garros. Hier, on a étudié la personnalité des protagonistes.
« On ne peut pas imaginer comment les secondes, c'est une éternité… A chaque détonation, vous imaginez que c'est la fin ». Ce sont les mots de Tony Fritz. Le 1er avril 2010, cet Auscitain a essuyé seize coups de feu au Garros. Quatre l'ont atteint. Pour cela, Didier Ntidendereza est jugé aux assises pour tentative d'assassinat, Nahid Ait Ouchaaou pour complicité.
Hier, on a tracé le portrait des trois protagonistes. Né à Kigali, Didier est arrivé en France à 8 ans avec sa mère, tutsi, et son petit frère pour fuir la guerre civile. Son père, hutu, était parti plus tôt. Ses parents ont divorcé depuis. A la barre, sa mère raconte cette fuite, les tirs sur la maison, les camps de réfugiés, les cadavres. Elle dépeint un garçon calme, responsable dans ses jobs d'été, bon élève même s'il a cafouillé après le bac. « Il n'a jamais été violent, depuis toujours… je ne le connais pas comme ça », ajoute-t-elle. Comme elle, la mère de Nahid a élevé seule ses garçons, avec un vrai cadre. Son fils est décrit comme calme, droit, qui n'aime pas la violence. Remis en liberté sous contrôle judiciaire depuis juin 2010, il suit une formation en alternance. L'avocat général tempère ce portrait en citant deux condamnations pour violences.Tous ont un casier: bagarres, stup. C'est le tour de la victime, 37 ans, massif, peu loquace. Le président doit lui arracher les mots. Il parle de ses difficultés scolaires, de son instabilité professionnelle, de son goût pour le tennis qu'il n'a pu développer. C'est un portrait contrasté qui se dessine. Le shérif du quartier ? Plutôt un grand cœur à fort tempérament disent ses proches, quelqu'un de sanguin et l'audience en témoigne, « incapable de gérer le conflit de façon posée », dit l'enquêtrice de personnalité, mais qui peut ensuite s'excuser. Un homme touché par l'image de dealer et de violent donnée de lui. « Un faux dur », conclut-elle. 

http://www.ladepeche.fr/article/2012/05/30/1365468-proces-de-la-fusillade-du-garros-a-chaque-detonation-vous-imaginez-que-c-est-la-fin.html

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