mercredi 20 mars 2013

Procès Dalmasso: l'énergie du désespoir de Renée, la mère de Christophe

La mère de Christophe Dalmasso se bat depuis 2003 pour connaître la vérité sur la mort de son fils, homme d’affaires tué à Nice. Elle a témoigné de son combat hier aux assises

Elle a été capable de braquer une arme sur Edno Borba da Silva, le danseur brésilien de capoeira, meurtrier présumé de son fils le 2 septembre 2003 à Nice. Elle a retrouvé la trace de l'individu à l'hôpital, admis pour soigner une blessure au front, l'après-midi du meurtre. Le juge d'instruction n'y était pas parvenu. Elle a engagé des détectives en Tunisie et au Brésil pour débloquer l'enquête officielle. Orienté les policiers sur la bonne piste quand des chèques de Christophe, homme d'affaires porté disparu à Nice depuis le 2 septembre 2003, sont réapparus dans les mains de Borba.

À la question d'Anne Segond, la présidente des assises des Alpes-Maritimes, de savoir si elle souhaite prendre la parole, Renée Dalmasso, 72 ans, se précipite à la barre. Sept jours qu'elle bout d'impatience sur le banc des parties civiles. Petite dame élégante, commerçante en fruits et légumes à la retraite, elle retrace avec l'énergie du désespoir, le drame de sa vie. Le 8 février 2004, alors que les ossements de Christophe Dalmasso n'ont pas encore été découverts, elle raconte la quête éperdue de son fils : « Je suis allée dans les caves du Château-Beaulieu (1). Je criais,"si tu es là, réponds-moi, réponds-moi !" » raconte-t-elle en larmes.

« Nous, on se couche tôt, on se lève tôt »

Rien ne lui a été épargné depuis l'ouverture du procès, où la recherche de la vérité nécessite de tout dévoiler, y compris sur son fils et sa part d'ombre, son rapport pathologique à l'argent notamment. Renée Dalmasso encaisse les reproches de sa petite-fille Lucie, les critiques de son ex-belle fille, Elisabeth Kirstein, et confie à la barre, entre deux sanglots vite réprimés : « Comment peut-on dire que je n'aimais pas Lucie ? C'était une poupée si mignonne, surdouée. Ça me fait mal, ça me blesse…»

Renée Dalmasso parle vite, d'une traite, comme si elle avait peur qu'on l'interrompe. Dans cette affaire où deux branches de la famille s'accusent, Renée Dalmasso n'enterre pas la hache de guerre. « Les Dalmasso, ce sont des fourmis et les Kirstein sont des cigales. Nous, on se couche tôt et on se lève tôt.» Leur attitude, selon Renée Dalmasso, contraire aux intérêts de l'enquête, laissant accroire à une fuite de Christophe Dalmasso au Brésil, l'a convaincue qu'elles portaient une responsabilité dans la disparition de son fils. La justice y a cru aussi un moment avant de délivrer deux non-lieux.

« Mon mari a été terrassé par le chagrin. [ndlr : il est décédé il y a deux ans].Moi, cette quête de la vérité, c'est ma thérapie. On ne porte pas un enfant neuf mois pour qu'il soit tué »,dit-elle, essoufflée par l'émotion.

Me Bernard Viran, l'un de ses avocats, lui demande ce qu'elle attend de ce procès. Lasse, désabusée, Renée Dalmasso soupire : « Que tous les coupables soient punis. Qu'ils aillent en prison… Maintenant, je ne sais plus, je ne sais plus.»

Renée Dalmasso retourne s'asseoir. Laurent, l'un de ses fils, la réconforte. Les plaidoiries débutent aujourd'hui. Le procès d'Edno Borba da Silva devrait s'achever au plus tard demain soir.

*L'immeuble du 3, avenue Foch où Christophe Dalmasso a vraisemblablement été tué.
 

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