Pistolet entre les deux yeux
C’est pourtant ce qu’a fait le tribunal quelques minutes plus tard, décernant un mandat de dépôt à l’encontre du maçon. La morale était donc sauve au vu des faits du 14 février dernier. Ce soir-là, c’est en compagnie d’un mineur qu’il est entré par effraction au domicile d’une vielle dame, à Lure. Le fracas de la porte forcée a réveillé en sursaut l’ex-mari de la nièce de la nonagénaire. « Je m’occupe d’elle le soir, j’étais au lit. J’ai cru qu’elle était tombée de son lit. » Madeleine, 93 ans, dort toujours.Pistolet entre les deux yeux, l’assistant de vie bénévole est confiné au rez-de-chaussée par le mineur. Pendant ce temps, son bonnet péruvien troué pour les yeux et vissé sur la tête, le maçon fouille la maison jusqu’à la chambre à coucher. Le mobile ? « Elle avait retiré de l’argent au distributeur et vous le saviez » glisse le juge Kato.
« Elle était là, dans son lit mais j’ai été interrompu par la venue de mon père », a du mal à articuler le prévenu. Son propre père en effet, également voisin de la grand-mère, a lui aussi cru qu’elle était tombée de son lit. Et sans le savoir, afin d’arrêter le cambrioleur, il ceinture en fait son propre fils ! Mais ce dernier parvient à prendre la fuite en oubliant son bonnet chatoyant… et son ADN. Mieux, il laisse des empreintes caractéristiques de baskets dans la neige.
« Elle aurait pu y rester » relève le juge Kato, qui additionne les circonstances aggravantes et les 14 mentions au casier judiciaire de l’intéressé. « Des pieds nickelés » pour Me Bonnot, qui sent venir le vent de la requalification criminelle mais plaide pour un régime de semi-liberté.
Au parquet de décider désormais : les assises ou une nouvelle citation en correctionnelle.
http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/03/08/decouvert-par-son-pere-en-train-de-braquer-la-voisine
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