samedi 9 mars 2013

Vesoul : Découvert par son père en train de braquer la voisine

Étonnée et presque furieuse, Charline Bonnot, l’avocate du prévenu, revient à l’audience. Son client, un maçon de 29 ans, vient de comparaître devant le tribunal de Vesoul une heure plus tôt. Mais ce dernier a demandé au parquet à mieux se pourvoir. Soit de renvoyer peut-être l’intéressé devant une cour d’assises. Avec cette décision cependant, il n’a pas statué sur son cas. Et le prévenu a été retenu sous escorte et entraves pendant une heure, « je ne sais sur quels fondements ». Pour l’avocate vésulienne, « on rouvre les débats pour se rattraper aux branches. Vous ne pouvez pas statuer sur sa détention ».

Pistolet entre les deux yeux

C’est pourtant ce qu’a fait le tribunal quelques minutes plus tard, décernant un mandat de dépôt à l’encontre du maçon. La morale était donc sauve au vu des faits du 14 février dernier. Ce soir-là, c’est en compagnie d’un mineur qu’il est entré par effraction au domicile d’une vielle dame, à Lure. Le fracas de la porte forcée a réveillé en sursaut l’ex-mari de la nièce de la nonagénaire. « Je m’occupe d’elle le soir, j’étais au lit. J’ai cru qu’elle était tombée de son lit. » Madeleine, 93 ans, dort toujours.
Pistolet entre les deux yeux, l’assistant de vie bénévole est confiné au rez-de-chaussée par le mineur. Pendant ce temps, son bonnet péruvien troué pour les yeux et vissé sur la tête, le maçon fouille la maison jusqu’à la chambre à coucher. Le mobile ? « Elle avait retiré de l’argent au distributeur et vous le saviez » glisse le juge Kato.
« Elle était là, dans son lit mais j’ai été interrompu par la venue de mon père », a du mal à articuler le prévenu. Son propre père en effet, également voisin de la grand-mère, a lui aussi cru qu’elle était tombée de son lit. Et sans le savoir, afin d’arrêter le cambrioleur, il ceinture en fait son propre fils ! Mais ce dernier parvient à prendre la fuite en oubliant son bonnet chatoyant… et son ADN. Mieux, il laisse des empreintes caractéristiques de baskets dans la neige.
« Elle aurait pu y rester » relève le juge Kato, qui additionne les circonstances aggravantes et les 14 mentions au casier judiciaire de l’intéressé. « Des pieds nickelés » pour Me Bonnot, qui sent venir le vent de la requalification criminelle mais plaide pour un régime de semi-liberté.
Au parquet de décider désormais : les assises ou une nouvelle citation en correctionnelle.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/03/08/decouvert-par-son-pere-en-train-de-braquer-la-voisine

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