La solitude et la misère ont encore frappé. Depuis plusieurs jours, plus personne n'avait vu l'habitant du 35 rue de Saint-Christ à Brie, au sud de Péronne. Mais personne ne s'était inquiété. « Ça fait au moins 15 jours que je ne l'avais pas vu. Mais on avait l'habitude : il s'absentait souvent » raconte son voisin. Un autre riverain affirme l'avoir vu le 1 er mai : « Son scooter était en panne et il m'avait demandé de lui ramener des cigarettes ».
Hier, toujours pas d'inquiétude mais les voisins en ont eu assez d'entendre les chiens aboyer sans cesse. Le maire, Claude Jean, a été alerté. « Je suis allé chez lui peu après 14 heures. Par une fenêtre ouverte, j'ai vu un amoncellement de détritus dans la maison. Je l'ai appelé mais je n'ai pas eu de réponse. J'ai donc décidé d'appeler les pompiers et la gendarmerie qui sont arrivés très vite ».
Et ce que les pompiers découvrent fait froid dans le dos : dans la pièce centrale, ils trouvent l'homme allongé sur le sol, décédé, entouré d'immondices. Il aurait été partiellement dévoré par ses quatre chiens. L'un d'eux est également mort, tout comme un chaton. Les animaux sont dans un état déplorable. L'odeur est insupportable. Selon les premières constatations des gendarmes de la brigade de Péronne, aucune trace d'effraction ou de lutte n'a été constatée. La maison est bouclée en attendant l'arrivée de deux techniciens des investigations criminelles venus d'Amiens. À priori, l'occupant des lieux serait mort naturellement. L'autopsie, qui se fera à l'hôpital de Saint-Quentin, devrait le confirmer.
Les trois chiens ont été capturés dans le taudis par un membre du groupe cynophile du peloton de surveillance et d'intervention de Saint-Quentin et ils ont été conduits à la clinique vétérinaire de Péronne pour y être soignés, lavés, tondus et nourris.
« Des chiens à l'image de leur maître, un marginal » commentent des voisins. « Je connaissais un peu ce monsieur, termine Claude Jean. Il vivait seul. Il allait régulièrement au cimetière sur la tombe de ses parents ».
En décembre dernier, un cas similaire s'était produit à Woincourt, près de Friville-Escarbotin (Somme). Un homme de 59 ans avait été découvert 5 ou 6 jours après sa mort, dévoré au visage et à un bras par ses deux chiens.
http://www.courrier-picard.fr/region/mort-et-devore-par-ses-chiens-ia0b0n77259
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire